
On confond souvent technique et pratique en peinture. Pourtant, dans un chemin de développement personnel, cette distinction change tout. On pense que la peinture se maîtrise, se « sait », se reproduit…
Pourtant, dans mon atelier, je vois l’inverse agir : c’est la pratique qui ouvre la créativité, et non la technique.
La technique : une langue, pas une cage
Je ne dénigre pas la technique. Elle est précieuse, elle structure, elle donne un vocabulaire. Elle permet de comprendre la matière, d’en connaître les réactions, les possibles et les impossibles.
La technique, c’est ce qui nous donne un sol. Mais un sol n’est pas une prison : c’est un appui.
Dans ma démarche — notamment avec le glacis huile & bière — la technique existe, mais elle n’est jamais un prérequis pour oser peindre.
Elle ne vient pas avant. Elle vient pendant. Elle se tisse au fil de l’expérience, au service de la sensation, de l’accident, de la vibration intérieure.
La pratique : un espace vivant
La pratique n’est pas l’application d’une méthode. La pratique, c’est l’acte de se laisser traverser. C’est l’écoute du matériau, de sa vitesse, de sa résistance. C’est la rencontre avec ses propres hésitations, ses élans, ses doutes.
La pratique transforme. Elle nous place dans un état d’être. Elle nous révèle à ce que nous ne savions pas encore de nous-même.
C’est pour cela que j’accompagne autant sur l’émotionnel que sur le pictural : on ne peint jamais seulement avec la main.
La vraie question n’est pas : « suis-je assez technique pour peindre ? » Elle est : « suis-je prêt à me laisser surprendre par ce que la matière va me montrer de moi ? »
C’est là que la peinture devient un véritable chemin de développement personnel — pas dans la maîtrise, mais dans la rencontre. Avec la matière. Avec soi.