Beaucoup de personnes viennent me voir en disant : “Je n’ai jamais peint.” C’est précisément là que le travail commence. Quand une personne crée son premier tableau, elle ne fait pas “que” peindre : elle traverse quelque chose.

C’est souvent ainsi que commence l’accompagnement d’un premier tableau : par une demande fragile, parfois timide, mais profondément vivante.
Mon rôle, en tant qu’accompagnante psycho-picturale, est d’accueillir cette demande telle qu’elle est — sans la précipiter, sans la juger, sans chercher à la corriger.
Accueillir un besoin de faire art
Avant même de parler de technique ou de peinture, il y a un temps essentiel : écouter ce qui appelle à créer.
Ce peut être un besoin de sens, de réparation, de joie, de ralentissement, ou simplement l’envie de « faire quelque chose avec ses mains ». Je ne demande pas à la personne de savoir ce qu’elle va peindre. Je l’invite plutôt à reconnaître que le désir de créer est déjà une forme d’intelligence, une direction intérieure qui mérite d’être honorée.
Créer un premier tableau, ce n’est pas « réussir une image ». C’est entrer dans une relation nouvelle avec soi-même.
Se mettre en objectif de cheminement
Dans ma pratique, l’objectif n’est jamais le résultat final. Nous nous mettons ensemble en objectif de cheminement. Cela signifie que le tableau n’est pas un projet à maîtriser, mais un processus à accompagner.
Il ne s’agit pas de forcer une forme, mais de laisser le tableau advenir avec justesse, couche après couche, geste après geste.
Cependant, contrairement à la peinture intuitive, le peintre-expérimentateur ne perd jamais de vue le sens de ce qu’il fait. Ce sens peut être temporaire et être remis en cause à mesure que le tableau apparait. Il est néanmoins le garant du processus, pour ne pas tomber dans le chaos.
Ce positionnement est souvent très rassurant pour les personnes qui ont peur de « mal faire ».
Le glacis : une pratique accompagnante, non contrôlante
Je travaille avec un médium du XVIIᵉ siècle français : le Glacis. C’est une technique de superposition de couches fines, transparentes, qui transforme la peinture en profondeur plutôt que par recouvrement.
Artiste peintre, artiste en écriture, psychologue et philosophe, … Quand vas-tu écrire un livre ? Bravo pour tes billets dont…
Le glacis est une métaphore parfaite de l’accompagnement que je propose. Il n’écrase pas ce qui est déjà là. Il compose avec, il révèle, il nuance, il dialogue.
La technique ne sert pas à contrôler l’image, mais à soutenir l’émergence de ce qui cherche à apparaître. Elle sécurise le geste tout en laissant une grande liberté intérieure.
Ce que la personne découvre d’elle-même
À travers la création de ce premier tableau, les personnes découvrent rarement ce qu’elles attendaient. Elles découvrent mieux.
Elles découvrent :
- leur capacité à rester avec l’incertitude
- leur rapport au contrôle et au lâcher-prise
- une forme de patience nouvelle
- une créativité qui ne demande pas la performance
- une confiance qui s’installe, doucement
Et souvent, une phrase revient : « Je ne pensais pas que j’en étais capable. »
C’est là que le tableau devient plus qu’un objet. Il devient le témoin d’un déplacement intérieur.




Depuis quelques années, les publications sur l’alchimie se multiplient. C’est réjouissant, car cette discipline longtemps délaissée retrouve enfin le lumière à un moment où notre monde en manque cruellement. Mais c’est aussi préoccupant : à force d’être simplifiée ou détournée, elle risque de devenir une mode de plus, un ensemble de croyances plus ou moins floues, transformées en produit marketing. Voici donc mon point de vue sur cette pratique à la fois philosophique et expérimentale qui, malgré les caricatures et un folklore parfois envahissant, demeure une des sources majeures de la culture occidentale.






Sauf que malgré le blé planté dans la couche pictural, à son grand désespoir, le champ n’avait pas poussé. Et que derrière ce constat, une montagne de frustration, une souffrance à peine avouable, risquait de faire jaillir un torrent de larmes. Pas de champ de blé : malgré tout son amour, son élan généreux et son désir immense. Le peintre est un sorcier. Il possède les recettes magiques pour faire d’un désir un objet qui existe : le tableau. Mais l’apprentissage de cette sorcellerie connait bien des embuches. Le glacis, potion magique par excellence, bien qu’il ne soit pas l’unique solution à cette intéressante recherche, propose de formidables pistes. Car, outre sa marge accidentelle, qui nous oblige au delà de notre volonté à voir véritablement ce qui se cache sous nos désirs, il permet le travail en négatif. Le travail en négatif, c’est l’art de peindre sans peinture. Certaines brosses ne trempent d’ailleurs jamais leurs poils dans le glacis ou dans la palette (voir l’article sur



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