Essuyer : une autre voie de connaissance de soi



Ma pratique professionnelle se situe à la frontière de plusieurs territoires : la peinture, l’inconscient, le geste, le temps long.
Je suis accompagnante psycho-picturale et je travaille avec un médium ancien, exigeant et profondément symbolique : le glacis, technique picturale française du XVIIᵉ siècle.

C’est à partir de cette matière et de ce rapport particulier à la trace que j’ai créé — et déposé à l’INPI — un protocole de découverte de soi : L’Essuyé.
Un protocole où l’on ne cherche pas à représenter, mais à laisser apparaître.



1. La symbolique de l’essuyage en peinture

Dans l’histoire de la peinture, l’essuyage n’est pas un geste anodin.
Il n’est ni correction, ni effacement. Il est révélation.

Avec le glacis, la peinture est comme une motte sobre dans laquelle la vie grouille. L’Essuyage intervient comme un retrait mesuré, un acte de soustraction qui permet à la lumière, à la forme et à la profondeur d’émerger.
Essuyer, ce n’est pas enlever pour faire disparaître, c’est enlever pour faire voir.


Ce geste ancestral nous rappelle que la vérité d’une image ne se construit pas uniquement par l’ajout, mais aussi par le retrait, le frottement, la patience.

2. L’Essuyé comme outil d’introspection

L’Essuyé ne cherche pas à expliquer. Il donne à voir. Et souvent, ce qui apparaît est déjà su, mais jamais formulé.
Le protocole de L’Essuyé consiste à faire apparaître un visage dans la couche picturale à l’aide d’un chiffon.
Ce visage n’est pas imaginé à l’avance. Il émerge.

Il est en lien direct avec l’inconscient de la personne que j’appelle l’Essuyeur.
Il arrive progressivement, peut changer d’axe, d’âge, de sexe, d’époque…
Parfois, il s’accompagne de mains, de bijoux, de blessures visibles ou symboliques.

Ce visage n’est ni un portrait, ni un masque.
Il est une présence.


3. Comment je l’utilise en accompagnement


Dans mon accompagnement psycho-pictural, L’Essuyé devient un espace de dialogue silencieux entre la personne, la matière et ce qui se révèle.

Je ne dirige pas l’image.
J’accompagne le processus.

Mon rôle est de sécuriser le cadre, de soutenir l’Essuyeur lorsque les doutes le submerge, dans ses peurs ou ses blocages, d’aider à mettre des mots — lorsque c’est juste — sur ce qui apparaît.
Le visage essuyé devient un point d’appui, un miroir non rationnel, un tiers qui permet de se rencontrer autrement.

Il n’y a pas d’interprétation imposée.
Il y a une rencontre.

En conclusion :

Créer, c’est accepter de ne pas savoir à l’avance.
C’est faire confiance au processus plus qu’au résultat.

Dans un monde qui valorise la performance, la maîtrise et la rapidité, L’Essuyé propose un autre rythme : celui de l’écoute, du temps long, de la profondeur.

Quand la trace devient une vérité, elle ne cherche pas à convaincre.
Elle s’impose par sa justesse.

One thought on “Essuyer : une autre voie de connaissance de soi

  • 21 janvier 2026 at 11 h 09 min
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    nbhbhjvjh

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