Dans ma pratique d’accompagnante psycho-picturale, je travaille avec un médium ancien, né au XVIIᵉ siècle en France : le glacis (huile et bière).
Un médium lent, vivant, imprévisible.
C’est précisément cette imprévisibilité qui a donné naissance à un outil central de mon accompagnement : le Carnet d’accidents jubilatoires, aujourd’hui déposé à l’INPI.

1. Pourquoi j’ai créé ce carnet
J’ai créé le Carnet d’accidents jubilatoires à partir d’un constat simple :
nous passons une grande partie de notre vie à éviter l’erreur, à corriger, à maîtriser, à lisser.
Or, dans l’atelier comme dans la vie, ce sont souvent les “ratés”, les débordements, les accidents qui ouvrent de nouvelles voies.
J’avais besoin d’un espace sécurisé, tangible, où ces accidents ne seraient plus vécus comme des échecs, mais comme des matières premières.
Ce carnet est devenu un lieu d’accueil : un espace où l’on peut déposer, observer et transformer ce qui survient sans l’avoir prévu.
2. Pourquoi le mot « accident » libère
Le mot accident est souvent chargé négativement.
Dans mon travail, je le réhabilite.
Un accident, c’est ce qui arrive quand le contrôle lâche. C’est le moment où quelque chose de plus grand que notre volonté peut émerger.
En l’inscrivant noir sur blanc dans un carnet dédié, l’accident cesse d’être une faute. Il devient une autorisation : celle d’explorer, de rater, de recommencer, de se surprendre.
Et lorsqu’il est qualifié de jubilatoire, il change encore de nature :
il devient source de joie, de mouvement, d’élan.
3. Comment l’accident révèle la créativité propre à chacun
La créativité n’est pas un talent réservé à quelques-uns.
C’est une capacité vivante, souvent enfouie sous la peur de mal faire.
Grâce au Carnet d’accidents jubilatoires, l’attention se déplace :
on ne cherche plus à produire “quelque chose de beau” ou de juste, on observe ce qui émerge quand on accepte de ne pas savoir.
Dans le travail avec le glacis, l’accident est inévitable : une coulure, une transparence inattendue, une réaction chimique imprévue. Le glacis invite à une rencontre lente avec la matière et avec soi.
Ces accidents deviennent des révélateurs : ils révèlent des paysages intérieurs, des émotions, des ressources insoupçonnées.
Peu à peu, les personnes accompagnées reprennent confiance en leur propre élan créatif — bien au-delà de l’atelier.
4. Comment ce carnet s’intègre dans un parcours plus long
Le Carnet d’accidents jubilatoires n’est pas un outil isolé. Il s’inscrit dans un parcours d’accompagnement au long cours, où la pratique picturale devient un espace d’exploration intérieure.
Ce n’est pas un carnet de performance. C’est un carnet de présence à soi.
Un outil exclusif, né de la rencontre entre un médium ancien et des enjeux profondément contemporains : réconcilier création, vulnérabilité et joie d’être en processus.