Les Ateliers du Phénix 2020


Ils sont le fruit d’une collaboration de plus en plus étroite et complice entre Fabienne Castan-Lenoble, psycho-énergéticienne, et moi. Si la base en est « l’Essuyé » (cette pratique à propos de laquelle vous trouverez un article en cliquant ici) ce que nous en avons fait participe d’une co-création qui dépasse de beaucoup ce que, seules, nous pensions y mettre… et vivre ! Inspirée l’une et l’autre par un processus qui nous a littéralement dépassé, nous avons le sentiment de partager avec nos groupes une initiation vivante, en perpétuelle mutation, qui nous enchante, nous nourrit et ne laisse jamais personne indemne… pour sa plus grande joie !

Fabienne a en effet imaginé très rapidement après notre rencontre que cette expérience très surprenante qui consiste à faire apparaitre un visage dans une couche picturale sans le dessiner, ne pouvait avoir d’ancrage véritable pour celui qui était amené à la vivre que si :

  • il pouvait la vivre plusieurs fois
  • avec suffisamment de temps entre chaque rendez-vous pour en sentir l’impact en lui et le partager
  • il acceptait la part d’irrationnelle qu’elle génère inévitablement comme un postulat de base inexplicable mais bienvenu.

Je commençais à l’époque à faire de troublants rapprochements entre mon approche du Glacis et le Grand Œuvre alchimique. La composition même de mon médium en reprenait certains des ingrédients symboliques, rendus très concrets dans mon atelier lors du mélange des fluides. Au delà encore, l’Essuyé m’avait laissé envisager un Grand Œuvre alchimique en 3 étapes : le noir, le blanc, le rouge.

Mais Fabienne l’a immédiatement envisagé, « intuité » plus encore, en 4 phases : le noir, le blanc, le jaune et le rouge. Et ce qui m’a semblé incongru au début dans cet œuvre au jaune, c’est révélé magistral et évident. L’œuvre au jaune a, non seulement tout changé sur le regard que je portais sur les Essuyés mais mis en lumière (c’est le cas de le dire lorsque l’on parle du Grand Œuvre !) ce que l’essuyage a d’impalpable. Je ne cesse depuis d’en être émerveillée. Toutes les intuitions qui des années durant m’avaient traversées se sont révélées cohérentes comme les pièces d’un puzzle qu’on assemble.

Nous proposons donc pendant un an à un groupe qui s’y engage fermement à venir 5 fois dans mon atelier pour recomposer cette « bulle » précieuse et irrationnelle dans laquelle les Essuyés vont apparaitre. Un an pendant lequel chacun, Fabienne et moi comprises, va se voir évoluer, se transformer, se transmuter. Un an où on va voir aussi les autres autour vivre ce processus bouleversant et serein. Un an pendant lequel tous nous allons recevoir les extraordinaires messages de nos guides intérieurs.

Les Ateliers du Phénix sont l’expression affirmée, aboutie et paisible de notre engagement de vie, à Fabienne et moi, de la singularité de la démarche de chacune avant même que nous nous rencontrions, de la réalisation d’une œuvre commune et généreuse qui n’existe que pour être partagée.

Soyez les bienvenus…

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Des ailes et des racines

Un article sur le peintre Blan dont mes interlocuteurs quotidiens (entreprises, thérapeutes, peintres…) ignorent souvent le travail. Je vous propose un « arrêt sur image » sur ma production picturale personnelle.  Dont, bien sur, j’espère toujours qu’elle trouvera un écho chez un autre.

 

 

La pratique artistique serait-elle obsessionnelle?

Après plus d’un an à réinventer l’idée des ailes, une autre nécessité picturale a commencé à se ré-inviter au bout de mes pinceaux, subrepticement d’abord puis avec insistance : peindre des racines. Comme si les unes n’allaient pas sans les autres.

Le travail du peintre relève souvent d’obsessions. Sans qu’on sache très clairement pourquoi, certains thèmes, certains sujets, s’imposent et reviennent dans la pratique picturale. Je ne suis pas sure que l’idée que ce puisse être « beau » soit le moteur principal de ces récurrences.

Il me semble plutôt que ces sujets sont arrivés avec la pratique, insidieusement, pour ne plus la quitter. Il infléchissent la technique, la pousse à répondre à leurs nécessités, nous devance sur un chemin que nous ignorons longtemps avant de réaliser y marcher depuis un moment déjà.

Impossible de dater depuis quand est-ce que je peins des visages, des ailes, des branches, des racines, des pierres, des œufs, des nids, des ondes, un souffle… En ferai-je un jour le tour? J’en doute…

Mettre le cap vers ses tableaux

Avec le temps, on finit cependant par se trouver moins surpris de ces invitations impératives. On les revisite avec plaisir. On finit par trouver une certaines cohérence dans ce qui semblait, tout d’abord, n’en avoir aucune. On accepte de ne pas bien en comprendre les exigences (on en est même soulagé) pour mieux en ré-inventer l’expression. On finit par désigner cet ensemble plus ou moins hétéroclite et modulable de sujets sous le mot « cap ».

On entre dans l’atelier comme un marin prend la mer. On a un cap mais aucune idée des étapes qui le jalonneront, aucune certitude quant à ce à quoi il ressemblera, finalement, à l’arrivée.

Le cap peut changer en cours de voyage. Parfois même un cap peut en cacher un autre…

Ne plus dessiner

Ai-je trop peint d’ailes sans veiller à maintenir mes pieds au sol? Les racines, dont j’ai exhumé depuis les prémices de plusieurs années déjà, se sont imposées impérieusement depuis 3 mois. J’ai réalisé en répondant à cet appel qu’elles arrivaient « mures à point », pleines de ramifications, de radicelles, de mycorhizes…

Parce que je ne dessine plus depuis quelques années déjà – ça me semblait toujours trop « cérébral », trop « soigné », trop « besogneux »-  une autre approche plus confiante, plus spontanée, plus juste s’exprime à partir de la force de ce que je perçois et que j’engrange. Je pars en peinture avec ce souffle, cet élan et la recherche d’un geste aussi juste que possible pour le traduire. La suite en découle jusqu’à ce que le tableau s’achève.

A ma grande surprise, les racines trouvent pareillement preneur parmi mes visiteurs, occasionnels ou habitués. A l’instar des ailes, certains y trouvent ou retrouvent une mémoire, une histoire, un « semblable » qu’ils avaient oublié. Et je réalise que ne peins, n’accompagnent, n’envisage mon métier que pour ces rencontres qui dépassent l’entendement…

Pourquoi ailes? : un processus créatif en cours…

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Depuis qu’il a été lavé à grande eau par la Seine et refait à neuf, mon atelier est de nouveau bourdonnant d’un processus créatif en cours. Le processus créatif, c’est une bête un peu bizarre, plutôt capricieuse et cependant très organisée qui exige autant d’activité fébrile que d’heures immobiles. Elle a pris, cette fois-ci, la forme enthousiasmante d’ailes qui attendent pour que le tableau s’achève, qu’un visiteur se place devant. Rencontres protéïformes et surprenantes au détour d’un geste et de l’attente de son résultat sur la toile.

A propos de « l’ouverture d’aile »

Ailes sur fond blanc (détail)Tous ceux qui ont croisé ma route vous le diront : j’incite tout peintre à ne plus tenir son pinceau comme on tient un stylo. Prendre en main l’outil, c’est le début du processus. C’est pourquoi on peut le comparer,  à l’instar d’Idriss Aberkane dont je suis en train de lire le livre -Libérez votre cerveau, manifeste de neurosagesse-  à une sorte d’exercice de neuroergonomie visant à permettre au cerveau d’être le mieux possible branché pour ce qui s’engage.  Ce geste s’appelle « l’ouverture d’aile ». Lorsqu’un peintre ouvre son aile, le bras s’articule de l’épaule au poignet, les poumons se gonflent, la main se libère avec la force d’un sculpteur tenant son ciseau pour tailler dans la pierre. Le corps entier est de la partie.

Pourquoi Ailes?

Ailes en cours de travailDe l’ouverture d’aile à la représentation d’une aile, il n’y a qu’un… geste pictural. Et comme elles volent tout de même mieux lorsqu’elles font la paire, deux gestes picturaux : deux arcs de cercle tracés au pinceau en haut de la toile et qui se gonflent de l’énergie de mes gestes.  La peinture en coulant fait apparaitre les ailes sans qu’il me soit nécessaire de les dessiner davantage. Elles ont à chaque fois, et ce n’est pas là le moindre mystère, une personnalité différente, des émotions et la promesse d »une histoire toujours particulière. Je me mets alors à leur service.

La rencontre

Les ailes de U.Les ailes de JeanEt puis un jour, on ne sait jamais quand, ni qui, ni vraiment pourquoi, quelqu’un entre dans l’atelier. Pour parler d’un projet, envisager un suivi, par curiosité…  et, va s’arrête devant une paire d’ailes en disant : « Mais, se sont les miennes! ».

Phrase sortie de la bouche sans avoir eu le temps d’être réfléchie, qui surprend celui qui l’a dit autant que le peintre qui la reçoit. Je propose alors de les essayer. Je sais qu’à me lire vous n’entendez sans doute par là qu’une pirouette poétique… Que dire alors d’un tableau qui s’achève sous mes yeux? De cette rencontre pleine d’une profonde complicité qui se dévoile entre mon visiteur et ses ailes? Sinon que je ne peins, finalement, que pour ça.

Je demande toujours à mon visiteur un petit texte de sa part pour tenter de partager, plus qu’il n’expliquera, « pourquoi ailes? » Ce mystère que j’orchestre pourtant amoureusement, m’échappe toujours. Reste à chaque fois la sensation d’avoir été touchée par la grâce.

Glacis et développement personnel

De l'or dans les mainsParce que l’Art n’est pas un enfant sage qui reste bien tranquille sur une chaise, il est indispensable de lui permettre de jouer pleinement son rôle pour participer à l’émergence de notre monde en pleine mutation. Le Glacis tel que je le partage dans l’atelier prend pleinement sa part à cet engagement.

Qu’est-ce qu’un peintre peut dire du Développement personnel?

Mon travail dans l’atelier est à la fois luxueux et exigent. Luxueux parce que je réalise chaque jour à quel point c’est un privilège de faire exactement ce que j’ai envie de faire de ma vie. Exigent car c’est une grande responsabilité vis à vis de mes enfants, de la société dans laquelle je vis, des contraintes et engagements que comme tout à chacun j’ai à remplir pour « tenir le quotidien ».

Mon métier n’est pas raisonnable parce que pas régulier, pas sécurisant, pas « anticipable ». Au delà même d’une activité professionnelle, c’est un choix de vie, un engagement personnel, ma contribution à la société dans laquelle je vis.

Derrière tout ceci une croyance tenace soutient le raisonnement : si je fais ce pourquoi je suis faite, je suis juste dans la société dans laquelle je vis. Mieux : j’y participe hauteur de mes moyens et possibilités. Pleinement.

Le développement personnel c’est donc, pour moi, la recherche de cette justesse. Le cheminement qui nous fait trouver notre voie pour agir en toute efficience avec les autres.

Et le Glacis là-dedans?

IMG_7487Le Glacis c’est 350 ans d’une histoire silencieuse et discrète, comme une rivière souterraine, qui est restée largement méconnue jusqu’à sa réapparition ici et maintenant en toute (im)pertinence.

C’est une rencontre un peu extraordinaire entre un peintre et une philosophie de vie. La Corporation qui l’a inventé, les Peintres en décor, pour l’avoir largement diffusé à travers toute l’Europe d’un siècle à l’autre, n’en a pas moins  jalousement réservé la philosophie a quelques initiés seulement.

C’est cette philosophie qui aujourd’hui m’apparait précieuse  pour participer au défi qui s’offre à nous : réenchanter le monde avec chacun des hommes qui le compose.

Je participe donc en diffusant le Glacis en entreprise, à l’université et en accompagnement individuel très concrètement à cette réflexion sur l’Intelligence collective dont nous avons, je crois, un besoin vital.

Et, concrètement, on fait quoi dans l’atelier?

IMG_4816Vous l’aurez compris, je ne donne absolument pas de cours de peinture.  Je vais même jusqu’à m’opposer à une telle pratique que je trouve irrespectueuse. Il n’y a de mon point de vue rien à enseigner à quiconque qu’il ne sache déjà, à son insu parfois.

Du coup, j’ai inventé une forme d’accompagnement davantage axée sur le partage d’expérience plutôt que sur un apprentissage.

Dans un premier temps, et comme pour remettre la machine en route, se découvrir bien plus inventif et acteur de sa vie en réintégrant le lâcher prise pour aboutir à la fabrication d’un Carnet d’Accidents Jubilatoires. Sorte de carnet de voyage très personnel où l’accident devient une occasion passionnante et joyeuse de se découvrir.

Un petit tour du côté du monde minéral nous relie à notre histoire universelle à travers une expérience picturale appelée La partie du Caillou. L’occasion de s’émerveiller d’une couche picturale qui, comme une levure à pain, se lève jusqu’à révéler une histoire intime. J’ai composé cette « partition picturale »  amoureusement pour que chacun puisse l’ interpréter à sa façon, très personnelle et émotionnelle.

Enfin, je vous propose en co-animation avec une thérapeute, l’Essuyé, une rencontre singulière avec vous même . Il s’agit d’un visage va apparaitre dans la couche picturale en essuyant avec un chiffon.  Une rencontre irrationnelle et bousculante mais aussi bienveillante, réparatrice et constructive.  L’occasion de faire connaissance avec ce « si proche et cependant bien caché » en nous, cette « Légende personnelle » dont parle Paulo Coelho dans l’Alchimiste…

Je vous accompagne, d’un rendez-vous à l’autre, sans péril mais non sans exigence, pour relancer le précieux processus créatif  dont nous avons grand besoin pour aujourd’hui et pour demain.

Et alors que l’atelier s’ouvre tout grand sur le reste du monde je me réjouis de partager mes pinceaux pour de si belles histoires.

L’Essuyé ou comment sculpter dans le glacis

RencontreÇa semble paradoxal parce que le glacis est un film de peinture transparente, sans épaisseur. Comment sculpter ce qui n’a pas de matière? C’est pourtant ce que propose l’Essuyé. Alors autant le poser tout de suite : on entre là dans l’irrationnel.

« Rodin peint en marbre et Carriére sculpte en ombre. »

Eugène CarrièreC’est Eugène Carrière, peintre, grand ami de Rodin, qui pourrait être, au XIXeme siécle, l’inventeur de l’Essuyé, avec sa façon si particulière de peindre. De quoi s’agit-il exactement? Une fois la couche picturale posée, avec l’aide d’un chiffon, le peintre découvre par degrés un visage, parfois un buste entier, tout vibrant de vie et palpitant sous ses doigts.

Une rencontre singulière.

Si Eugène Carrière partait du réel et tentait avec cette technique de « faire avouer le modèle », je me suis focalisée davantage – depuis que ce qui était une technique picturale pour Carrière m’est devenue une pratique picturale –  sur l’incroyable rencontre qu’elle provoque dés lors que le peintre part avec son chiffon sans idée préconçue de celui qui va apparaitre sur sa toile. Je commence un Essuyé comme j’irai à la rencontre d’un inconnu. Rencontre impossible si la curiosité autant que la bienveillance ne sont pas de la partie. Car celui, ou celle, qui vient, est bien plus fragile, étonné et parfois même inquiet que moi.

Et lorsqu’enfin rassuré, il se révèle, nous prenons le temps de faire connaissance, d’entendre le message dont il est porteur. Je me suis longtemps demandé, d’où venait ce visage ?

Une première piste m’a conduit aux théorie de Jung sur l’inconscient dont il considère qu’il est composé de trois couches : l’inconscient émotionnel, l’insconscient trans-générationnel et l’inconscient collectif. L’Essuyé sortant de l’ombre parvient à la lumière en les traversant, comme un rêve, pour guider l’Essuyeur.

Le même Jung a écrit un livre sur l’alchimie qui a, ensuite, largement éclairé et confirmé le travail en cours lors de l’Essuyage. Le Grand Œuvre y joue un rôle capital.  Chaque Essuyeur va le parcourir, phase après phase,  et je cherche à les rendre les conscientes possible afin qu’elles puissent devenir des repères pour l’Essuyeur.

En ce sens, l’Essuyage est donc un travail de révélation. Ce que ma rencontre avec Fabienne Castan-Lenoble a confirmé avec la co-création des Ateliers du Phénix. Un parcours en 5 étapes, sur le Grand Œuvre alchimique, vers une révélation.

Ne plus avoir peur du noir

EssuyéC’était le titre de ma toute première exposition à la Galerie Myriam H. où n’étaient présentés que des Esssuyés. Et c’est ce que je propose à ceux que cette rencontre autrement amoureuse intriguent. Nous traversons ensemble, le chiffon à la main, la couche picturale comme on plongerait ses deux mains dans un bain sombre pour en faire émerger un visage oublié. Un visage ? Bien plus que ça : une vie, une histoire, des émotions, des souvenirs, des archétypes… J’accompagne mon « essuyeur » comme dans un rêve, à la rencontre d’une part ignorée et terriblement parlante de lui-même.

Voyager en groupe

Lors de ces très troublantes rencontres, l’impact émotionnel sur celui que j’accompagne est vite devenu évident. Il a fallu se former à l’accompagnement de cet impact et trouver des co-équipiers thérapeutes pour que toutes les meilleures conditions soient bien en place ; une écoute, un cadre, une déontologie. Au thérapeute l’accompagnement de l’Essuyeur, à moi celui de l’Essuyé. Cette rencontre entre l’Essuyeur et l’Essuyé sont les deux aspects d’une même personne et permet d’éclairer un moment de vie, de dégager l’Essuyeur de mémoires-traumatiques , de ré-enchanter ou de mieux conscientiser le sens à son existence. Mon atelier est devenu un lieu pour se libérer et se réparer.

De peintre, je suis ainsi devenue thérapeute et suis, à ce titre, supervisée.

Bien plus qu’une technique, l’Essuyé est un geste amoureux, de réparation ou d’acceptation de soi, de l’autre. Une rencontre émouvante au delà des apparences. Et, lorsque le processus est mené à son terme, il est une révélation.