La petite phrase d’excuse

Sous une forme ou une autre, c’est celle que l’on prononce systématiquement en entrant dans l’atelier. J’ai nommé : la petite phrase d’excuse. Caricaturalement, elle dit : « Je ne sais pas pour les autres, mais moi, je ne suis  pas vraiment un peintre (un artiste, un créateur, etc). »Moi et les autres

Je l’appelle la « petite phrase d’excuse » parce qu’elle en a le ton. Mais ce qu’elle dit ressemble davantage à un déni de ses capacités. Les autres savent, réussissent, méritent d’être là, de se dire peintre, d’exposer. Moi, non. Une comparaison dans l’absolu qui ne prend personne en particulier comme point de repaire. Juste que les autres, oui, certainement. Mais moi, non. Et n’allez pas croire qu’elle ne concerne que les débutants. Pas du tout. Elle prend juste des formes plus élaborées. Par exemple : « Je suis peintre mais je n’ai jamais appris. Alors c’est peu un hasard si ce que je fais plait. » Ou encore « Je ne comprends pas pourquoi on m’achète mes tableaux. Ils ne sont jamais assez aboutis (finis, satisfaisants, professionnels, etc) ». De là à penser ceux qui les achètent sont, soit gentils, soit aveugles…

Mais d’où vient-elle, cette petite phrase?

Drôle de mélange, entre modestie et audace. Comme un rituel pour se garantir d’un jugement extérieur qui serait pire que le sien. Se dénigrer pour ne pas avoir à l’être par d’autres. Se différencier négativement pour être mieux pris en compte, respecté, entendu. Un drôle de truc compliqué et bizarre qui nous traverse tous la tête, débutants ou confirmés. Un reste d’on ne sait quoi, qui vient polluer le droit, légitime, simple, évident d’être là parce qu’on a fait le chemin pour y être. Dans l’atelier. Pour peindre.

Peintre mauditÇa se joue à plusieurs niveaux. J’y entends tout d’abord une empreinte plus ou moins déguisée de notre bonne vieille éducation occidentale. Il faudrait être méritant pour mériter d’être. Comme il faudrait déjà savoir pour mériter d’apprendre. Et, sans doute, être peintre avant de l’être. Mais qui décide de la chose? Papa et maman? la maîtresse? Le grand frère? Le grand-père? Et pourquoi pas soi même? Hein? Enfin, quoi? Qui sait mieux que tout le monde ce qui nous attire, nous titille, nous travaille, se rappelle à nous comme une frustration ou une invitation? Hein? Qui donc, sinon nous-même? En quoi serait-il prétentieux de justement s’entendre, se répondre, essayer? Puisque ça insiste en dedans c’est bien qu’il doit déjà y en avoir un peu. Tout comme il y a dans une question déjà un peu de sa réponse, non?

« Mais, finissent par avouer certains, peindre ça n’est tout de même pas sérieux… On ne peut pas en faire sa vie. On doit nourrir ses enfants, payer la maison, régler les traites… » Deuxième aspect donc de la fameuse petite phrase : j’aimerai bien, mais j’peux point. Et là, ça n’a rien de technique. L’impossibilité relève bien moins de mes limites que de ma survie. Laquelle survie exige des réponses sonnantes et trébuchantes : combien ça va me rapporter? Pour la faire vite : « Si je me mets à peindre, à quel moment vais-je crever de faim? »

Je suis donc là, dans l’atelier, MAIS je m’autorise une chose qui n’est pas autorisée : faire ce qui me démange. MAIS qui ne rapporte pas d’argent (ou alors, seulement quand on a du bol).

Peindre, pour quoi faire alors?

Mon avis de peintre accompagnant des peintres, c’est que vous êtes là parce que vous en avez ENVIE. A entendre aussi EN (plus loin) VIE. Et parce que vous êtes en vie, vous n’êtes pas des machines, aussi performantes puissent-elles être, mais des êtres humains à qui la vie a été accordée. Inutile donc de chercher à la gagner, cette vie : vous l’avez!

Que se joue t-il véritablement dans l’atelier? Que se cache t-il véritablement derrière la petite phrase d’excuse?

lâcher priseDerrière se cache la moitié de nous. Pas tout de nous. Juste la moitié. Celle qui ne trouve pas sa place dans l’idée d’être performant, de gagner, de réussir, de payer les traites, de prendre rendez-vous chez le dentiste, de ne rien oublier d’important… Juste l’autre moitié de nous. Celle qui sent, ressent, est touchée, émue, bouleversée, retournée, chavirée, émerveillée, éblouie, ravie. Celle qui palpite, gargouille, se noue, se dénoue, bat la chamade…  Sourit aussi. Celle que l’on ne lâche pas si facilement. Celle qui exige un lâcher-prise. D’être lâchée pour être bien prise.

Pour moi, l’atelier fait partie de ces lieux indispensable à l’équilibre de l’humanité où cette fameuse moitié de nous trouve pleinement, légitimement, simplement, la place qui lui est due. Une place pour ne pas gagner sa vie mais la vivre. Il n’est pas le seul lieu de ce type mais il est celui que vous avez choisi. Lui, avec ses pinceaux, ses couleurs et ses odeurs… et le glacis!?!!

Ne vous excusez donc pas de venir. Votre envie (en vie) est juste. Et je la prends avec vos doutes. Le tout décantera dans l’atelier.

 

Quand un service juridique peint au glacis…

IMG_2104Je rentre d’un séminaire d’entreprise dans le cadre d’Arthusa organisé pour le service juridique d’une entreprise française implantée un peu partout dans le monde. Une vingtaine de participants en tout : français, allemands, russes, chinois, indiens, américains, brésiliens… Juristes et ingénieurs spécialisés dans le dépôt de brevets.

Glacis et Cohésion de groupe

Le but du séminaire était de participer à la cohésion du groupe avec deux outils : Prédom (destiné à découvrir ses prédominances comportementales et à apprendre à vivre avec celles des autres) et le Glacis (avec la réalisation d’une exposition de peintures). Ce séminaire était surtout, pour le peintre que je suis, une formidable occasion de voir comment le glacis parle à d’autres cultures et comment celles-ci mélangent leurs apports dans la réalisation des tableaux.IMG_2189 Comme à chaque fois, il s’agit dans ce type de séminaire autant de permettre à chacun de trouver sa place que de réaliser œuvres communes. L’occasion d’illustrer très concrètement ce qui se cache sous les mots d’intelligence collective : 21 tableaux dans lesquels les mains de chacun se sont exprimées, avec la sensibilités propre à chacune. Tous les tableaux sont collectifs. Personne en particulier ne peut en revendiquer la paternité. Tous les participants cependant découvrent, effarés, l’extraordinaire professionnalisme de ces réalisations, dont une galerie n’aurait pas à rougir.

Les étapes du processus créatif

Ça passe par le lâcher-prise, bien sur. Mais ça ne s’arrête surtout pas là. Pour faire un tableau il ne suffit largement pas. Le séminaire passe donc, un pas après l’autre, par toutes les phases indispensables au processus créatif. Du cahier des charges (« D’après vous, qu’est-ce qu’une œuvre d’art? »), au cadre technique, puis au lâcher-prise, puis sa première exploitation, puis la seconde etc… IMG_2077J’en profite pour revenir sur ce que recouvre véritablement cette notion de lâcher-prise. Il semble, bien souvent, y avoir confusion entre la gratuité de l’acte et la notion de liberté (et d’autant plus facilement dans un séminaire en langue anglaise où les deux notions sont désignées par le même mot : free). Lâcher-prise : ne plus chercher à avoir prise. Ne plus contrôler ce que l’on fait, donc. Au cahier des charges il est demandé expressément de ne pas dessiner, représenter, ou illustrer quoique se soit. Si majoritairement, le plaisir de pouvoir, plus encore dans un contexte professionnel, peindre sans objectif de résultat prédomine, il n’est cependant pas obligatoirement partagé. Ce grand moment de liberté peut, très légitimement, être ressenti comme une contrainte. Le manque de sens s’y fait cruellement sentir. L’étape n’en est pas moins pertinente et indispensable et il est heureux, alors, que l’expérience ne s’arrête pas là. L’exploitation apaise et fédère tous les participants autour du même plaisir : la découverte de leurs véritables potentialités.

Interculturatité et Glacis

J’ignore s’il est plus facile à certaines cultures de lâcher-prise qu’à d’autres. Et mon échantillon culturel du jour, pour enthousiasmant, n’était pas, loin s’en faut, suffisamment représentatif pour répondre à une telle question. Je n’en ai pas moins écouté chacun parler en son nom propre, plus encore qu’au nom de sa culture, de ce qu’il avait ressenti durant le processus. Étonnement cependant, ceux qui avaient eu le plus de mal à accepter de ne rien représenter durant le lâcher-prise étaient de nationalité française. Pas tous les français : certains ont aussi avoué y avoir trouvé un énorme plaisir. Ce qui est sur c’est que le Glacis confirme ses capacités à mélanger

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et harmoniser les cultures comme les couleurs. Les audaces les plus folles ont été innocemment ou témérairement tentées et je vous laisse juge des résultats. IMG_2078IMG_2070             Reste que, comme à chaque fois, je serai ravie de lire vos réactions. N’hésitez pas!      

Laura en compagnie du Glacis

2013-02-11 17.12.45Laura, qui vient dans l’atelier en suivi de création personnel, me fait l’amitié de partager avec vous le chemin parcouru, du projet jusqu’à la signature, lors de la réalisation de son dernier tableau en compagnie du Glacis. Ce que j’appelle La partie de Go. Le tableau se révèle d’autant plus touchant qu’elle a pris en compte les réponses du glacis avec intelligence et humilité, veillant à ne pas briser par une volonté trop marquée cette chance

d’accoucher d’un tableau qui lui parle à elle d’elle. Mais qui nous interroge aussi, nous, spectateurs… Nous avons choisi toutes les deux, pour ce témoignage, un enregistrement audio de 12 minutes, que j’accompagne de quelques photos, bien sur. Reste qu’entre un tableau et sa photo, une part de mystère se refuse au regard automatique de l’appareil. Vous en serez forcément sur votre faim ! Pour entendre Laura, cliquez sur le lien suivant : Laura – Partie de Go . Après quelques minutes de téléchargement, bonne écoute en belle compagnie…

Un premier tableau réalisé avant la découverte du glacis, copie d'un tableau d'André Derain, Domenica
Un premier tableau réalisé avant la découverte du glacis, copie d’un tableau d’André Derain, Domenica
La princesse au petit pois qui se cachait derrière Domenica
La princesse au petit pois qui se cachait derrière Domenica