Qu’est-ce que le Glacis ?

Techniquement Le glacis est un film de peinture, très fin, sans épaisseur, transparent, un peu comme l’aquarelle sauf que… il lui faut entre 1 à 3 heures pour commencer à sécher. Pendant que graduellement ce film, d’abord très liquide, tend vers le séchage, il devient plastique, accepte d’être travaillé, bousculé, réactivé, déchiré, fragmenté, chargé d’empreintes… On pourrait presque dire sculpté. Ce, qu’à ma connaissance, aucune autre technique transparente et sans épaisseur ne permet sur un laps de temps supérieur à quelques minutes.

De cette particularité technique (qui est loin d’être la seule), découle une philosophie souriante mais non moins profonde. Ses inventeurs, au XVIIème siècle, ont en effet conçu l’initiation au glacis comme un cheminement personnel, ponctué de prises de consciences silencieuses, de retours sur soi, une autre façon de poser son regard sur le monde qui nous entoure et d’y participer.

On parle du Glacis en général, mais en réalité, il y en a deux. L’un à l’huile et l’autre à la bière (oui, vous avez bien lu). D’où découlent, de fait, deux techniques et deux philosophies complémentaires.

Pour ma part, après plus de 20 ans d’un travail intime en compagnie de ces deux médiums, je les comprends comme la transcription de la dualité du grand principe de la création qu’on pourrait désigner aussi avec les binômes « masculin-féminin », « animus-anima », « ying-yang », « soleil-lune »,  …

Il m’arrive souvent de comparer le Glacis Huile à Mozart, pour l’harmonie qui en découle même dans les mains les plus inexpertes, et le Glacis Bière à une femme aborigène d’Australie, pour la mémoire et la sagesse silencieuse qu’elle porte en elle. Dès lors peindre au glacis serait l’occasion de découvrir de quels bébés Mozart et cette femme aborigène pourraient bien être les parents… « sourire »

L’artiste serait alors l’accoucheur d’une réalité qui le dépasse très largement…

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