30 étudiants en Master II Communication intégrée dans l’atelier

photo(6)Débarquement joyeux et tonitruant des étudiants de l’Université de Paris-Dauphine dans l’atelier, en ce mois de mars ensoleillé et pour la 4ème année. A l’origine, un pari tenté par deux responsables de cycle ayant entendu parler de mon intervention dans une Société de pliage de tôleries fines. Intriguées, elles avaient prises contact pour envisager une collaboration. Voilà comment je me suis retrouvée, peintre, enseignant à Dauphine à des étudiants en Master Marketing et Communication intégrée. Belle aventure! Et enseignements réciproques…

Une photo de classe

photo(11)Je ne voudrais pas que vous pensiez que j’ai un âge canonique, mais tout de même : ils ont davantage l’âge d’être mes enfants que mes parents… Vous imaginez du coup bien à quel point ma curiosité à leur endroit se teinte d’une franche interrogation quant à ce qui anime la génération à laquelle sont rattachés mes propres enfants. Une sorte d’instantané annuel de l’état de la jeunesse.

Depuis 4 ans, c’est comme le vin. Y’a de bons crus et d’autres moins probants. A priori… Parce qu’avec cette jeunesse, allez savoir ce qu’ils auront retenu 10 ans après que la porte de l’atelier se soit refermée derrière le dernier d’entre eux? 4 ans, c’est encore trop peu pour s’en faire une idée. J’en trépigne d’impatience.

Reste que cette année : c’était magique! Ça pétillait d’intelligence dans l’atelier. Les échanges sont allés loin, les prises de conscience m’ont semblé fines. Ils ont été participatifs, bons joueurs, pas blasés pour un sous, prêts à tout essayer avec bonheur.

Mon Atelier, mes règles

Je ne suis pourtant pas tendre. Retard, dilettantisme, ironie reçoivent des réponses cinglantes de ma part. Sans parler des consignes de sécurité, du respect des uns et des autres, de la gestion du temps…

photo(13)
Prise de note de Matthieu

« Et, tout d’abord, pourquoi pensez-vous être là? » A partir de cette question, le jeu commence. Ils sont là pour vivre un processus créatif. Soit ce que l’on pourrait qualifier d’oxymore, tant les deux mots semblent mal assortis. Le premier avec sa connotation rigide et l’autre, à côté, tout fou comme un jeune chiot. Et pourtant, tout est dit : il faut des deux. Une sorte de savant dosage dans nos branchements hémisphériques sur lesquels je prends le temps de m’appesantir très pédagogiquement (en cliquant ici vous irez directement sur un article dans ce blog qui en parle).

Et puis : « Mais c’est quoi, une œuvre d’art, au juste? » Et là, c’est un pur moment d’émerveillement que de les écouter s’interroger à ce propos. Cette année, ils se sont demandés, par exemple, si une œuvre d’art cachée aux yeux de la communauté des hommes pouvaient tout de même être considérée telle. Qu’en pensez-vous, vous qui me lisez? « sourire » Certains ont été sidérés d’apprendre qu’il n’y avait pas de développement artistique sans mécénat. Et que, contrairement à un mythe qui a la dent dure, l’artiste ne vit pas d’amour et d’eau fraiche, mais doit prendre en compte une certaine rentabilité pour se remplir 3 fois par jour l’estomac.

On a parlé de Versailles, de Nicolas Fouquet, de ces professions exclusivement masculines que l’on ouvre aux femmes lorsqu’elles ne sont plus aussi rentables. On a réalisé aussi que le processus créatif est très loin d’être l’apanage du monde artistique. Toute personne en vie peut se vanter d’en développer une bonne dizaine chaque jour, sinon plus…Mais qui en a conscience?

L’apprentissage de la diversité

photo(12)A la première phase du processus, généralement désignée, sous le vocable très global de « lâcher-prise« , suit la phase d’exploitation. Lorsque vous demandez au groupe comment la première phase c’est passée la réponse est immédiate : « Cooooool ! » Mais lorsque l’on creuse un peu, certains ont eu peur de mal faire, d’autres de ne pas savoir quoi faire. Certains ont avancé avec les encouragements des voisins, d’autres auraient préféré être seuls. Certains ont trouvé ça rafraichissant, d’autres épuisant. Certains ont été frustrés, d’autres vite blasés. Certains ont eu besoin que ça aille vite. Et d’autres qu’on leur laisse du temps. Pas si cool que ça finalement…

En phase d’exploitation, certains ont eu à faire un véritable deuil pour poursuivre le processus. Et d’autres ne l’ont accepté que parce qu’ils avaient jugé très durement leur travail préparatoire (mais reconnaissaient que s’ils en avaient été satisfaits, ils n’auraient pas aimé avoir à l’exploiter). Savant mélange d’humilité et fierté, estime de soi et mésestime, inquiétudes et colères cachés. Pas si facile à vivre tout ça…

Droit à la différence, enrichissement par la complémentarité, respect de soi-même et des autres, acceptation du besoin  de l’autre pour mener au bout son engagement personnel : un séminaire pour toucher du doigt ce que l’on appelle l’intelligence collective.

L’excellente nouvelle c’est qu’ils n’en manquent pas !

 

 

 

 

 

 

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